Looking for freedom

Ou comment (ne pas) croire au mythe de la vie d’après…

Je n’ai pas écrit d’article depuis des lustres et je n’avais pas vraiment prévu de le faire. Pas que l’envie m’en manque mais plutôt ce sentiment que plus on attend pour faire un truc, plus c’est compliqué de revenir… Vous avez déjà ressenti ça ?

Bref, vous devez vous demander quel sujet m’a poussé à tout d’un coup sans prévenir à reprendre l’écriture d’un article ? Qu’est ce qui a bien pu être assez « motivant » pour me faire passer au delà de ce sentiment de  » a quoi bon maintenant » ? Ou peut-être (et c’est le plus probable) que vous ne vous demandez rien parce que vous n’attendez pas, suspendu à votre écran, depuis des mois que Neko-Line se décide à pondre à nouveau un article que 5 personnes liront (peut-être pas jusqu’au bout d’ailleurs) simplement parce qu’elles me connaissent et veulent me faire plaisir (merci à ces personnes au passage 😉 ).

Et bien le sujet qui me conduit ici, c’est la vie. Vous savez la vie qu’on ne mène plus depuis bientôt un an. La vie, cette chose que l’on chérit tant, que l’on cherche à protéger à tout prix, au point d’avoir peur de vraiment la vivre justement. Ce soir, j’ai le moral qui flanche. j’ai passé la journée seule, pourtant j’aime être seule. Ma dernière mission d’intérim s’est terminée fin novembre. Un autre emploi m’attend bientôt, si tout se passe comme prévu. Aujourd’hui je suis allée marcher dans la campagne, dans la nature qui se trouve au bout de ma rue. Je suis si reconnaissante que cette nature se trouve à quelques pas de chez moi. Puis je suis rentrée chez moi. Je me suis demandée ce que je pourrais faire. Mais ce qui m’a sauté aux yeux c’est tout ce que je n’ai plus le droit de faire. Je ne peux plus aller diner chez mes proches, je ne peux plus aller manger un morceau au resto, je ne peux plus aller boire un café l’après-midi ou une bière avec un(e) ami(e) en début de soirée. Je ne peux plus aller voir un film au ciné ou aller nager à la piscine. Je ne peux plus penser à mon voyage au Japon, annulé déjà 2 fois. Je ne peux plus organiser une soirée d’anniversaire avec tous mes potes. Ah si, je peux aller faire des courses, mais manque de bol, ce mois-ci entre le retour au chômage et les cadeaux de Noël ben j’ai plus de thunes les gars !

Mais tout ça, ça n’est pas propre à mon cas en particulier, il y a ceux qui vont travailler mais quelle vie les attend en sortant du boulot ? Il y a ceux qui font des études, qui vont encore sur les bancs de l’école, mais quelle soirée les attend après avoir cogité toute la journée ?

Dans ma vie, en général lorsque je ne suis pas satisfaite d’une situation, je fais en sorte de l’améliorer, de changer ce qui ne va pas. Si j’ai été malheureuse dans un job, je termine mon travail et je pars. Si je suis malheureuse dans une ville, je la quitte. Si je manque vraiment d’argent j’essaye de trouver une solution pour en gagner plus. Même si parfois le changement me fait peur, je finis toujours par sauter le pas, je ne veux pas voir ma vie défiler sans avoir tout essayé pour être heureuse.

Mais aujourd’hui je fais comment ? Depuis l’apparition de ce fucking virus, on nous retire tout. On nous éloigne, on nous confine, on nous enferme chez nous le soir ou dès que nous ne sommes plus au travail, sur notre temps libre quoi…  » Temps Libre » une expression qui prend tout son sens non ?! Libre… Qu’est ce que cela veut encore dire maintenant ? Je ne suis même plus libre de pouvoir occuper mon temps comme je le veux, de prendre des risques ou non, de tout quitter ou non, de voyager, de changer d’air, de parcourir le monde ou de découvrir celui qui m’entoure…

Connaissez-vous la chanson FREEEDOM d’Anthony Hamilton & Elayna Boynton (Django) ? J’ai cette chanson dans la tête, qui ne veut pas partir et dont le refrain dit  » I am looking for freedom  » (je recherche la liberté). Elle me fait aussi penser à la fin du discours de Martin Luther King que j’aime tout particulièrement  » Let freedom ring ! » que l’on peut traduire par  » faites sonner les cloches de la liberté ». Et bien oui aujourd’hui je recherche la liberté. Celle que la France se targue de mettre au menu depuis des siècles, cette Liberté que les français se vantent souvent de savoir mieux cuisiner que n’importe qui. Ce mot qui est d’ailleurs inscrit dans notre devise. Mais elle est passée ou ? Parce que j’ai beau la chercher dans ma vie, regarder dans les média, tenter de la trouver dans la rue, questionner les institutions qui se devraient de la défendre, interroger les citoyens de mon pays, je ne la trouve pas. D’Etat d’urgence en Etat d’urgence on nous enlève petit à petit nos droits, nos libertés, notre vie. Pourtant je commence à être vraiment affamée de cette Liberté que l’on cache sous une cloche en verre et je sens bien que je ne suis pas la seule.

Pourtant c’est vrai, le covid est dangereux et peut tuer, le terrorisme aussi, les drogues etc… mais la solitude, la pollution aussi, la précarité aussi, la haine, le racisme et la xénophobie ont fait bon nombre de victimes également ; mais le gouvernement a-t-il bougé le petit doigt lorsque que nous avons dépassé (en France) les 5 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté ? Le gouvernement est-il monté au créneau en nous empêchant catégoriquement de sortir de chez nous et de circuler quand la qualité de l’air s’est dégradée considérablement ?

Je ne cherche absolument pas à minimiser le Covid. Il me fait peur aussi, j’ai peur de l’attraper et de développer une forme grave. j’ai peur de l’attraper et de le refiler à mes proches les plus fragiles. Je ne fais plus la bise, je mets du gel tout le temps (pas dans les cheveux ça marche pas hein), je porte le masque bien sur. Mais ne voit-on pas après 2 confinements ( et sans doute bientôt 3) que cela n’empêche pas des mutations, cela n’évite pas qu’il se propage au moindre déconfinement. Combien de temps va-t-on protéger notre vie de la mort en ne vivant plus ?!

J’entends souvent parler de la vie d’après, une sorte de mantra que certains se répètent pour tenir le coup peut-être. Mais ça veut dire quoi la vie d’après ? C’est après quoi ? Ca commence quand la vie d’après ? Et si c’était maintenant la vie d’après ou tout le monde il est meilleur et il se bat pour changer les choses ? Parce que des combats à mener y’en a un paquet d’autres que le covid et ils nous attendent toujours… Mais c’est peut-être ça le truc finalement… Tant qu’on est là, on n’est pas ailleurs. Mais méfiez-vous là-haut, parce que tout ça, ça nous laisse beaucoup de temps pour réfléchir. Tant qu’on bouge pas on cogite.